|
Estomac noué, légère nervosité, grand soleil, c'est aujourd'hui le grand saut, de l'autre côté de la grande bleue, qu'on apprécie tant du rivage. Un baptême de plongée c'est un peu comme une séance d'hypnose, un voyage dans une autre dimension. 9 heures. Rendez-vous sur le Port de Nice, avec Poséidon. Sans son trident, mais fort de moniteurs sérieux et agréables, ce centre de plongée accueille quotidiennement des débutants pour les «baptiser». Et il est vrai que le rituel est quasi religieux. «Les baptêmes, à l'avant du bateau». Rassemblés, les novices reçoivent les premiers rudiments avant même d'avoir quitté le port. C'est Alban le premier moniteur qui s'y colle. La bouteille, le filet, le détendeur, la combinaison, les palmes, le masque... et surtout, le plus important, les signes, pour indiquer, une fois dans le monde du silence, si tout se passe bien. Conclusion de la première leçon : «Ne vous inquiétez pas, le moniteur va tout gérer pour vous». Ouf ! Et puis le bateau quitte enfin le port. Lentement, il nous conduit vers la grande baie de Villefranche. La tension monte. Pendant que certains s'extasient devant la clarté de l'eau, on se demande une dernière fois si on a fait le bon choix. Les plongeurs avertis sont déjà en tenue, prêts à se jeter à l'eau. Les «petits plongeurs», eux, doivent d'abord poursuivre l'apprentissage de base. De
l'anxiété à l'impatience |
Enfin un premier contact avec le détendeur. Relié à la bouteille, c'est avec lui qu'il va falloir s'entendre si l'on veut respirer sous l'eau. En surface, on fait les premiers essais. Inspiration, expiration... C'est bon, ça marche. A ce moment, l'anxiété cède la place à l'impatience. Aux portes de ce monde inconnu, on n'attend plus qu'une chose : plonger. Il a un joli nom le guide, Grégory... Le moniteur est l'élément fondamental de ce baptême. Totalement à notre service. Il nous attache la ceinture de plomb autour de la taille, nous aide à enfiler le gilet. Et ça y est. Main dans la main, on descend vers le grand vide. Il ne la lâchera pas de tout le voyage... Temps suspendu, autre espace. Seul le bruit de notre respiration témoigne qu'on est toujours en vie, sur terre. Comme au ralenti, on se laisse entraîner par Grégory qui n'a de cesse de nous montrer les plus beaux poissons. C'est une avalanche de couleur. A droite une oblade, argentée avec sa tâche noire sur la queue, à gauche la girelle paon, turquoise, jaune, orange... En dessous, des poissons minuscules, violets. Plongeurs
diplômés Malheureusement la balade sous-marine est rigoureusement minutée. Les 20 minutes baptismales sont écoulées. Retour au monde. Première réaction : on ne veut pas sortir de l'eau. |
Puis une fois sur le bateau, on est groggy, on flotte encore. Cette sensation durera un bon moment. Apéritif sur le bateau, à quai remise du diplôme. Cette première véritable rencontre avec la mer est à jamais inscrite sur le papier. On quitte l'équipe du Poséidon impatient de revenir plonger avec eux, même si intérieurement ce n'est pas fini, on est toujours six mètres sous l'eau. Virginie TUMORTICCHI |